NPO PRESS COMMUNIQUE

 

RALLYE ORPI MAROC 2005

Portrait :
Annie Seel, charme et détermination… au féminin

Annie Seel et Cyril Neveu - Rallye ORPI Maroc 2005.

Elle est blonde, charmante, enthousiaste et, surtout, particulièrement déterminée. Annie Seel navigue pourtant en hors piste entre le conformisme et les idées reçues. Une femme sur une moto, passe encore. Mais une femme en quête d’absolu et d’aventure s’attaquant, toujours sur deux roues, aux défis les plus insensés et prenant part aux rallyes les plus éprouvants au quatre coins du globe, voilà qui impose le respect. Férue de vitesse et d’adrénaline, cette princesse du désert sauta, sans transition, du cheval de course à la moto et ce, dès l’âge de seize ans. Vingt ans plus tard et malgré dix-sept fractures, du Mont Everest aux rallyes africains, en passant par les courses sur route et les bajas mexicaines, elle accumule les exploits à la recherche d’une satisfaction bien personnelle et de quelques records à battre. Son rêve ultime ? S’illustrer, du haut de son mètre soixante-trois, parmi ses homologues masculins, dans les plus grandes courses du monde… A commencer par ce Rallye ORPI Maroc auquel elle s’est engagée au guidon d’une KTM 450 en classe marathon.

Annie Seel, comment vous est venu ce goût de l’extrême et de l’aventure ?
«Lorsque j’étais jeune, nous habitions près de champs de course. Très vite je me suis prise de passion pour la vitesse. A l’âge de seize ans, j’ai assisté à un show de cascadeurs à motos. J’ai été littéralement éblouie. J’ai acheté une moto, mais je n’avais pas d’amis qui partageaient le goût de la vitesse. Lorsque j’ai eu 18 ans, j’ai commencé par les courses sur route et j’ai terminé 8e du championnat de Suède...»

En l’an 2000, vous avez pris part à vôtre premier rallye de la Coupe du Monde à Dubaï…
«Après avoir fait un raid au Maroc je suis tombée amoureuse du désert. Je voulais absolument prendre part à une course. J’ai commandé une Husaberg 600 en kit que j’ai reçue dix jours avant le départ. Je l’ai montée toute seule et je me suis lancée à l’assaut des dunes. Le dernier jour, je me suis fracturée le pied, mais j’ai néanmoins rallié l’arrivée en 49e position. Depuis, j’ai été en Tunisie, en Argentine. Ici au Maroc, je participe à ma sixième course du Championnat du Monde. Mon objectif est de m’illustrer afin de trouver le budget pour prendre part au Dakar 2006. Mais je dois avouer qu’en Suède il est difficile de trouver de l’argent pour ce genre de courses…»

Ce qui frappe avant tout chez vous c’est vôtre détermination. Dix-sept fractures en course et pas un abandon : vous êtes insensible à la douleur ?
«Abandonner n’est pas dans ma nature. Mon père qui est décédé lorsque j’avais 16 ans, m’a donné le goût de la mécanique et de ma mère j’ai hérité d’une force mentale assez exceptionnelle. Lorsque je me suis cassée la main lors de la 4e étape du Dakar 2002, j’ai tenu le coup jusqu’au bout. Ma jambe gauche était toute bleue,je dois tout de même avouer que dans mon malheur, j’ai eu de la chance. Mes fractures me permettaient de finir la course… Et puis lorsque je rencontre un contre temps, je hurle un bon coup et puis je repars.»

Entre les événements auxquels vous participez, de quoi est faite vôtre vie ?
«Je suis graphiste de formation. Entre chaque épreuve, je travaille comme une forcenée pour réunir le budget pour repartir. Mais j’avoue que cela ne me laisse pas beaucoup de temps pour fonder un foyer. J’ai un petit copain, deux chats et un chien. C’est déjà largement suffisant, vu mes activités… »